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Conference papers

Tableau comparatif des rivières et montagnes : une re-création, des questions

Résumé : Via portails ou catalogues, la consultation et l'utilisation de cartes anciennes sont d'une facilité sans précédent. Cet usage croissant ne relève toutefois pas seulement d'un besoin d'information primaire (Jenny & Hurni, 2011) de la part des cartographes et analystes spatiaux mais peut tout aussi bien se révéler être une source d'inspiration pour leurs pratiques. Parmi les créations cartographiques les plus marquantes, certaines sont toujours considérées comme des classiques, qu'il s’agisse par exemple de la campagne de Russie (Minard) ou de la propagation du choléra (Snow). Mais on observe par ailleurs que certaines techniques cartographiques semblent faire l'objet de redécouvertes, et d'une re-création par le biais des SIG. On peut notamment penser à l'usage de doubles hachures pour figurer le relief (Kennelly, 2012). Pour d'autres formes de visualisation passées de mode, la « redécouverte » a pu se faire sous l'angle d'une curiosité plus anecdotique et sans lendemain. C'est ainsi le cas d'une famille de compositions particulièrement en vogue dans les atlas français et anglo-américains pendant la majeure part du XIXe siècle, les tableaux comparatifs des hauteurs des montagnes et des longueurs des fleuves (BibliOdyssey, 2008; Wolter, 1972). Le principe, relativement stabilisé, consiste à rassembler sur une unique planche deux familles de figurés permettant de se représenter les distributions des plus hautes montagnes et des plus longs fleuves du monde. La composante « montagne » est une vue en coupe superposant de manière plus ou moins agrégée les profils des sommets connus. Si l'inspiration Humboldtienne en est évidente, la plus-value de la composition graphique l’est toutefois moins. La composante « rivière », nettement plus intéressante, présente en parallèle le tracé des fleuves sous une forme étirée. La visualisation s'apparente ainsi à un diagramme bâton préservant un certain nombre d'attributs de l'entourage des fleuves: micro-sinuosité, forme des lacs et embouchures, affluents, principales villes. L'usage est ainsi double: il permet une comparaison graphique rapide mais inclut pour chacun des fleuves un ruban décrivant des composantes potentiellement importantes de leur environnement, ce qui peut notamment mener à l'identification de gradients amont-aval, etc. Notre proposition est de participer à une réévaluation critique des principes de ce tableau comparatif, en en proposant une re-création « moderne » selon une démarche que nous souhaitons générique. La mise en ½uvre sous SIG se fait par le biais d'une boite à outil ArcGIS 10 paramétrable, permettant d'automatiser l’essentiel de la manipulation. Le principe est le suivant: 1. Construire une polyligne pour chacun des continuums fluvio-estuariens considérés; 2. Approximer automatiquement cette polyligne par une courbe mathématique: nous nous contentons ici de l'algorithme de lissage PAEK; 3. Construire de part et d'autre de cette courbe un tampon d'épaisseur paramétrable incluant les abords du fleuve; 4. Référencer linéairement – et depuis l’embouchure- l'axe central et les bordures de ce ruban; 5. Convertir ces entités en points; 6. Utiliser les coordonnées ainsi construites comme paramètres de transformation pour la grille d'une déformation caoutchoutée (rubbersheeting); 7. Appliquer cette déformation à la polyligne non lissée de départ… mais également à toutes géométries vectorielles jugées d'intérêt incluses dans le tampon. Le ruban final dans lequel s’inscrivent les géométries transformées (avec préservation de la topologie) prend la forme d’un rectangle allongé vertical (ou d’un n½ud papillon, selon les choix d’harmonisation des référencements). Nous présentons la démarche à travers l'exemple de la Garonne et de la Gironde. Les résultats sont ensuite replacés dans un cadre comparatif à l'échelle de la France métropolitaine (en se basant sur les tronçons ‘hydro’ de la BD Carthage) puis mondiale, aboutissant ainsi à une recréation de la composante « rivière » des tableaux comparatifs. La discussion sur ces deux réalisations portera sur la généricité des méthodes de transformation employées : algorithmes de lissage (Guilbert & Saux, 2008), taille des tampons, transformations linéaires sur les géométries finales. Un enjeu important est de pouvoir définir des degrés de lissage pertinents par rapport aux géométries de base: la taille et la courbure des méandres des fleuves peuvent être hétérogènes, suscitant ainsi des questions différentes selon l'échelle visée. Comme évoqué plus haut, l'objectif n'est pas seulement la démonstration : nous présentons ainsi deux applications originales sur le continuum fluvio-estuarien de la Garonne. L’une s’applique à décrire sous une forme concise les évolutions des occupations du sol. L’autre permet de comparer l’évolution des zonages politico-administratifs (notamment les intercommunalités) par rapport à celle de la logique des bassins versants. L’objectif est ainsi de décliner dans le temps et sur un gradient amont-aval la clef de lecture suivante sur les relations potentielles au fleuve : barrière, trait d’union ou indifférence ?
Mots-clés : RUBBERSHEETING
Document type :
Conference papers
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https://hal.inrae.fr/hal-02599349
Contributor : Migration Irstea Publications <>
Submitted on : Saturday, May 16, 2020 - 2:30:29 AM
Last modification on : Thursday, March 25, 2021 - 3:31:58 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02599349, version 1
  • IRSTEA : PUB00040120

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Citation

B. Hautdidier. Tableau comparatif des rivières et montagnes : une re-création, des questions. Onzièmes Rencontres de Théo Quant, Feb 2013, Besançon, France. pp.24. ⟨hal-02599349⟩

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