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Conference papers

Le paysage passé explique les gradients à longue distance c½ur-périphérie des communautés floristiques forestières

Résumé : Les gradients d’abondance d’espèces depuis la périphérie vers le c½ur des massifs forestiers (ou effet lisière) sont en général considérés comme le résultat de filtres environnementaux. A la suite de travaux récents (Pellissier et al., J. Veg. Sci. 2013), nous avons testé l’hypothèse selon laquelle les changements passés du paysage, à savoir l’usage ancien du sol et la distribution spatiale des forêts anciennes (n'ayant pas connu de défrichement depuis 1830) et des forêts récentes (défrichée pour être cultivée ou pâturée avant 1830 puis reboisé après 1830) au sein des massifs forestiers actuels, expliquaient mieux ces gradients. Nous avons testé : (i) si les forêts récentes étaient plus proches de la lisière actuelle que les forêts anciennes ; (ii) si les espèces de c½ur de massif préféraient les forêts anciennes et les espèces de périphérie les forêts récentes ; (iii) si la distance à la plus proche lisière forestière de 1830 expliquait mieux la distribution spatiale actuelle des espèces que la distance à la plus proche lisière actuelle. Sur trois régions de la moitié nord de la France couvrant au total 8 M d’ha, nous avons compilé sur 11936 relevés floristiques des données climatiques, pédologiques et dendrométriques, l’ancien usage du sol et des variables paysagères actuelles et passées, en utilisant les BD IGN-Ifn et les cartes état-major de 1830. Nous avons appliqué des modèles de régression logistique pour déterminer la réponse de 181 plantes de sous-bois à l’usage ancien du sol et au paysage actuel et passé, tout en contrôlant les autres sources de variation (sol, climat, peuplement forestier). Nos résultats indiquent que les forêts récentes sont situées en moyenne à plus faible distance de la lisière actuelle du massif que les forêts anciennes. La réponse des espèces à la distance à la lisière actuelle du massif correspond presque parfaitement à leur réponse à l’usage ancien du sol : les espèces de coeur préfèrent les forêts anciennes et les espèces de périphérie les forêts récentes. La distance à la lisière forestière de 1830 explique mieux la distribution des espèces que la distance à la lisière actuelle. Le gradient de distribution coeur-périphérie des plantes de sous-bois forestier est bien expliqué par le paysage passé et les processus de colonisation et de recrutement. Cela suggère que les différences de composition des communautés entre l’intérieur et la périphérie des massifs forestiers sont davantage liées à une limitation par la dispersion et à la compétition qu’à des filtres environnementaux. L’existence de ce gradient de coeur à périphérie des communautés floristiques a des implications importantes en termes de dynamique et de conservation des plantes forestières dans le contexte des changements climatiques.
Document type :
Conference papers
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https://hal.inrae.fr/hal-02600335
Contributor : Migration Irstea Publications Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Saturday, May 16, 2020 - 4:35:08 AM
Last modification on : Thursday, September 9, 2021 - 3:48:28 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02600335, version 1
  • IRSTEA : PUB00042059

Collections

Citation

Laurent Bergès, Lucie Arnaudet, Frédéric Archaux, C. Avon, Sandrine Chauchard, et al.. Le paysage passé explique les gradients à longue distance c½ur-périphérie des communautés floristiques forestières. 7ème journées françaises de l’Écologie du Paysage, Oct 2014, Dijon, France. pp.21. ⟨hal-02600335⟩

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