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Dépendance et dénutrition des seniors, une tendance réversible : Interview télévisée de Claire Sulmont-Rossé publiée sur le site internet de l'INRA le 4 décembre 2013

Résumé : Avec l’âge, il est fréquent de constater une diminution de l’appétit, provoquée par une perte de goût, qui peut conduire à une dénutrition. Cet état affecte particulièrement les résidents de maisons de retraite ou d’institutions hospitalières. La vieillesse s’accompagne souvent d’une perte d’autonomie et ce sont alors des tiers qui préparent les repas des personnes âgées. « Dès lors qu’on délègue tout ou partie de la préparation de ses repas à une aide-ménagère, à un service de restauration collective, on augmente le risque de dénutrition, » souligne Claire Sulmont-Rossé du Centre des sciences du goût et de l’alimentation (CSGA) à l’Inra Dijon. Selon les résultats de l’enquête Aupalesens à laquelle a participé la chercheuse, près de la moitié (46 %) des personnes résidant en EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) seraient en risque de dénutrition. Cette proportion n’atteindrait que 4 à 10 % des seniors vivant à domicile. « Ne plus préparer soi-même ses repas n’est pas anodin et modifie en profondeur le rapport à l’alimentation ». « C’est une odeur de poisson ou de poulet ? » Les effets délétères de la dépendance sur les sens : « Nous avons observé un lien entre le niveau de dépendance, la perception du goût et la perte de l’odorat, indépendamment de l’effet de l’âge », explique Claire Sulmont-Rossé. Les personnes dépendantes, que l’on retrouve en EHPAD, parviennent moins bien par exemple à faire la différence entre des odeurs faibles de viande ou de poisson. Elles ont du mal à distinguer une odeur alimentaire d’une odeur non alimentaire ou encore à percevoir la saveur salée. En cause : une santé dégradée, les problèmes bucco-dentaires, les effets secondaires des médicaments sur la perception sensorielle des aliments. « Ces facteurs qui contribuent à augmenter le niveau de dépendance conduisent aussi à un déclin des performances chimio-sensorielles des personnes âgées ». Nourrir l’appétit et le plaisir de manger : À l’heure actuelle, la prévention et la lutte contre la dénutrition s’appuient essentiellement sur une prise en charge nutritionnelle : préconisations de régimes, prescription de compléments alimentaires, d’aliments enrichis. Manger n’est pas qu’une affaire de nutrition ! Passer à table doit rester un moment de plaisir participant au bien-être général. Quel que soit l’âge. Pour Claire Sulmont-Rossé, l’un des défis consiste à augmenter le côté appétissant des aliments destinés aux seniors. Les chercheurs ont pu constater que l’appétit revenait aux résidents d’une EHPAD lorsque ceux-ci pouvaient assaisonner leurs plats à l’aide de condiments mis à leur disposition sur la table. Et la présence de deux légumes plutôt qu’un seul dans l’assiette augmente la consommation de viande d’environ 32 %. « Il faut veiller à satisfaire les besoins nutritionnels mais aussi à respecter les goûts ». Par exemple, en tenant compte du fait qu’un tiers des personnes âgées n’aiment pas les produits sucrés. Pour l’instant, les compléments alimentaires destinés aux séniors sont essentiellement… des produits sucrés.
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Soumis le : samedi 6 juin 2020 - 01:15:30
Dernière modification le : vendredi 17 juillet 2020 - 10:42:22

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Claire Sulmont-Rossé, Patricia Léveillé. Dépendance et dénutrition des seniors, une tendance réversible : Interview télévisée de Claire Sulmont-Rossé publiée sur le site internet de l'INRA le 4 décembre 2013. 2013. ⟨hal-02805889⟩

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