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TARA : QUELQUES RÉSULTATS D’UN INCROYABLE PÉRIPLE

Résumé : 38 Hawaï, Inde, Indonésie, Corée, Malaisie, Myanmar, Philippines, Sri Lanka, Thaïlande et Vietnam). Des es-sais agronomiques ont donc été réalisés en Polynésie française en collaboration avec la société Technival qui produit du compost, afi n de tester la qualité des algues brunes dérivantes comme amendements or-ganiques. Ces essais agronomiques ont montré que les algues dérivantes représentaient un amendement organique de qualité (augmentation de la taille, de la masse sèche et développement racinaire du maïs). Des études seraient à poursuivre sur d'autres plantes et à plus vaste échelle afi n d'optimiser l'utilisation de cet amendement. La principale contrainte de cette exploitation reste le prix de revient élevé lié essen-tiellement à la technique de récolte de ces algues. De plus, la concurrence des produits importés dans ce domaine (engrais de Nouvelle-Zélande, des États-Unis…) est très forte sur le territoire. Le développe-ment de ce secteur de valorisation exigerait la production d'engrais à plus fortes valeurs ajoutées, tels que les engrais liquides, en particulier s'ils se révèlent actifs contre certains phytopathogènes. Ces engrais liquides à base d'algues semblent en effet très ef-fi caces dans la lutte biologique du fait des activités antimicrobiennes des algues et des oligosaccharides qui activent la défense naturelle des plantes. Ces al-gues proliférantes représentent donc une ressource prometteuse pour la Polynésie française et la récolte de ces algues dérivantes permettrait de lutter contre leur extension géographique. ■ L'article ayant inspiré cet article : Zubia, M., Andréfouët, S., & Payri, C. (2014). Distribution and biomass evaluation of drifting brown algae from Moorea lagoon (French Polynesia) for eco-friendly agricultural use. Journal of Applied Phycology, 1-11. Vous avez tous entendu parler de l'expédition Tara Océans, cette incroyable épopée des temps modernes qui après plus de trois ans de collecte dans les océans de la planète (entre 2009 et 2013) et plusieurs an-nées d'analyse portant sur des milliers d'échantillons (près de 35 000) de plancton, a livré au mois de mai dernier ses premiers résultats dans la prestigieuse revue Science. La biodiversité d'un large éventail d'organismes planctoniques marins est proposée dans 5 articles mais aussi leurs interactions, révélant par exemple l'importance du parasitisme, ainsi que la façon dont les organismes agissent sur leur environ-nement et sont affectés par différentes variables, en particulier la température. Résumer en quelques lignes le gigantisme des travaux réalisés et l'ensemble des résultats proposés est évi-demment diffi cile et partial. Retenons tout de même (grâce au dossier de presse réalisé par le CNRS et sur lequel je m'appuie ici) que ces résultats proposent une cartographie détaillée de la biodiversité plancto-nique, explorent les interactions entre les micro-or-ganismes observés et s'intéressent à l'impact des conditions environnementales sur cet écosystème mi-croscopique. Pourquoi étudier le plancton ? Peut-être parce que ces êtres microscopiques qui dérivent dans les océans produisent la moitié de notre oxygène, agissent comme un puits de carbone, infl uencent et sont infl uencés par le climat et sont à la base des chaînes alimentaires océaniques qui nourrissent les poissons et les mammifères marins ! Ce que Tara aura déjà dévoilé c'est un changement radical de notre vision de la diversité biologique et fonctionnelle du plancton mondial avec, entre autres choses : > L'existence d'une diversité insoupçonnée chez les organismes unicellulaires eucaryotes aussi appelés protistes, une diversité caractérisée par plusieurs dizaines de milliers d'espèces différentes (environ 150 000) appartenant à des groupes peu ou pas connus de parasites, de symbiontes, et de prédateurs en tout genre. > La découverte de 40 millions de gènes de virus, de procaryotes et de pico-eucaryotes marins, nouveau dans plus de 80 % des cas. > La preuve que la formation des communautés microbiennes dans la zone baignée de lumière des océans est infl uencée très largement par la tempéra-ture, suggérant donc fortement que le réchauffement climatique pourrait avoir un fort impact sur ces com-munautés microbiennes, qui, rappelons-le, sont à la base des chaînes alimentaires marines. > La confi rmation que les virus ont un impact majeur sur le fonctionnement des écosystèmes, modulent la taille des populations microbiennes, agissent sur leur diversité et affectent le métabolisme des micro-orga-nismes ainsi que les fl ux de gènes. Il a effectivement été trouvé que le rôle des interactions biotiques dans la zone supérieure de l'océan et notamment du para-sitisme est très important et semble indiquer que les parasites jouent un rôle majeur et largement sous-es-timé dans l'écologie du plancton marin.
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Article dans une revue
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https://hal.inrae.fr/hal-02916426
Déposant : Stéphan Jacquet <>
Soumis le : lundi 17 août 2020 - 18:42:20
Dernière modification le : vendredi 6 novembre 2020 - 03:33:41

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Jacquet_Subaqua_2015m.pdf
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  • HAL Id : hal-02916426, version 1

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Stéphan Jacquet. TARA : QUELQUES RÉSULTATS D’UN INCROYABLE PÉRIPLE. Subaqua, 2015. ⟨hal-02916426⟩

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