L'état de référence : une construction sociale
Résumé
Considérer l’état de référence comme une construction sociale appelle à explorer au moins trois pistes de réflexion que nous développons dans ce chapitre. Premièrement, l’état de référence n’est pas stabilisé, mais évolue dans le temps : c’était la théorie du glissement de référence de Daniel Pauly, que de nombreux travaux sont venus confirmer, mais aussi critiquer. Deuxièmement, différents éléments, non seulement écologiques, mais également sociaux, culturels, économiques, voire politiques, entrent en compte dans la construction de l’état de référence, d’où le fait que l’état de référence peut varier en fonction des groupes sociaux ou des individus, et des contextes. Enfin, puisque le choix de l’état de référence a de fortes implications en matière de gestion et qu’il n’y a pas forcément de consensus, il est nécessaire de le mettre en débat. Pour développer ces trois axes de réflexion, nous nous appuierons sur une revue de la littérature et nous étayerons notre propos par des exemples tirés d’une étude de terrain menée dans le parc national des Cévennes.
