Impact of physical and chemical stress on the infectivity of coccidian oocysts: In vitro and in vivo study of the avian model, Eimeria tenella.
Impact de stress physique et chimique sur l’infectiosité des oocystes de coccidies : Etude in vitro et in vivo du modèle aviaire, Eimeria tenella.
Résumé
Les parasites Apicomplexes représentent une menace importante pour la santé humaine et vétérinaire dans le monde entier. En particulier, l’infection par Toxoplasma gondii, bénigne dans la majorité des cas, devient très grave chez les sujets immunodéprimés. Les oocystes présents dans l’environnement et les denrées alimentaires constituent la principale source de contamination. Le projet Breaking the wall (ANR-22-CE35-0008) vise à caractériser les propriétés structurelles et mécaniques des oocystes afin d’identifier des moyens de décontamination efficaces. T. gondii est difficile à manipuler, son cycle complexe et le risque de transmission à l’homme rendent sa manipulation délicate. Dans ce contexte, les coccidies d’intérêt vétérinaire, telles qu’Eimeria tenella, représentent un modèle alternatif pertinent. Leur cycle de vie direct, l’absence de risque de transmission à l’homme, ainsi que la similarité structurale des oocystes entre ces parasites et ceux de T. gondii en font un support adapté pour l’évaluation de méthodes de con- trôle ciblant les oocystes. Nous avons produit des oocystes d’E. tenella puis évalué un ensemble de stress physiques, chimiques (ainsi que leur combinaison) sur l’infectiosité des oocystes : (1) traitement à l’hypochlorite de sodium (3% de chlore actif) pendant 30 min, (3) traitement thermique 80◦C pendant 10 min, la combinaison de chaque traitement en commençant par le traitement à l’hypochlorite puis à la chaleur (2), et inversement (4). L’étude a été menée i) in vitro pour déterminer l’impact des traitements sur chaque stade parasitaire (oocystes, sporocystes, sporozoïtes) et sur l’infectiosité lors de la première schizogonie, et ii) in vivo, afin d’accéder à la totalité du cycle (3 schizo- gonies successives suivies de la gamogonie) en déterminant le rendement en oocystes, 7 jours post-infection. Les résultats préliminaires, obtenus in vitro, indiquent que les traitements chimiques, thermiques et combinés ont des effets différents sur les étapes de libération des sporocystes et d’excystation des sporozoïtes. Le traitement thermique (3) semble le plus efficace pour altérer la libération des sporocystes puis l’excystation des sporozoïtes tandis que le traitement à l’hypochlorite de sodium (1) semble altérer principalement la libération des sporocystes. Les traitements combinés (2) et (4) altèrent principalement la libération des sporocystes. L’infectiosité des parasites a été réduite de 100% par les traitements (2), (3) et (4), excepté pour l’hypochlorite de sodium (1) qui a réduit de 90% le taux d’infection. Ces résultats ont été confirmés in vivo, avec une réduction de 100% de l’excrétion des oocystes pour les traitements (2), (3) et (4), et, un rendement similaire au lot contrôle, non traité, pour le traitement à l’hypochlorite de sodium (1). Ces premiers résultats, très encourageants, seront prochainement complétés par un traitement à l’ozone (20 ppm pendant 60 min).
