Strategic free-riding in pest control: Theory and evidence in organic-conventional mixed landscapes
Le parasitisme stratégique dans la lutte contre les ravageurs : théorie et données empiriques dans les paysages mixtes (agriculture biologique et conventionnelle)
Résumé
Organic and conventional farmers face the same pests but differ in technologies and economic incentives to control them. This paper theoretically and empirically characterizes the strategic interactions for pest control between these two types of farmers within mixed organic-conventional landscapes. Our non-cooperative game model shows that each farmer type is expected to strategically free-ride on the other’s control efforts when managing a sufficiently small share of the landscape, and that the extent of free-riding increases with lower pest pressure, higher relative treatment costs, and lower treatment efficacy. Using exhaustive French postcode-level data on insecticide purchases against the vector of a vine disease (Flavescence dorée), we provide empirical support for all our theoretical propositions. Our preferred estimates indicate that organic farmers free-ride on conventional farmers’ efforts until they reach about 8% of the landscape. Beyond this threshold, organic treatments only partially substitute for reduced conventional treatments, up to a point where conventional farmers may eventually free-ride if the organic landscape share becomes large enough. Consistent with the model’s predictions, high pest pressure substantially reduces the scope for free-riding, while differences in relative treatment costs and treatment efficacy also affect its extent, though to a lesser degree.
Les agriculteurs biologiques et conventionnels sont confrontés aux mêmes ravageurs, mais leurs technologies et leurs incitations économiques pour les lutter diffèrent. Cet article caractérise, d’un point de vue théorique et empirique, les interactions stratégiques en matière de lutte contre les ravageurs entre ces deux types d’agriculteurs au sein de paysages mixtes biologiques-conventionnels. Notre modèle de jeu non coopératif montre que chaque type d’agriculteur est susceptible de profiter stratégiquement des efforts de lutte de l’autre lorsqu’il gère une part suffisamment petite du paysage, et que l’ampleur de ce parasitisme augmente lorsque la pression des ravageurs est faible, que les coûts relatifs des traitements sont élevés et que l’efficacité des traitements est faible. À l’aide de données exhaustives au niveau des codes postaux français sur les achats d’insecticides contre le vecteur d’une maladie de la vigne (la flavescence dorée), nous apportons une confirmation empirique à toutes nos propositions théoriques. Nos estimations privilégiées indiquent que les agriculteurs biologiques profitent des efforts des agriculteurs conventionnels jusqu’à ce qu’ils atteignent environ 8 % du paysage. Au-delà de ce seuil, les traitements biologiques ne remplacent que partiellement les traitements conventionnels réduits, jusqu’à un point où les agriculteurs conventionnels pourraient finir par profiter de la situation si la part du paysage biologique devient suffisamment importante. Conformément aux prévisions du modèle, une forte pression parasitaire réduit considérablement la marge de parasitisme, tandis que les différences de coûts relatifs et d’efficacité des traitements influencent également son ampleur, bien que dans une moindre mesure.
