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Stocks et flux de carbone dans les forêts françaises

Résumé : De par la masse importante de carbone qu’elles contiennent (81% du carbone de la biomasse terrestre) et en raison de la lenteur des cycles forestiers, les forêts pourraient contribuer à limiter l’effet de serre, en immobilisant à moyen ou long terme une part du carbone émis lors de l’utilisation de sources d’énergies fossiles. Nous estimons, dans ce travail, la contribution actuelle de la forêt française au budget global du carbone. Nous calculons, dans un premier temps, le stock de carbone dans la biomasse des forêts françaises à partir des volumes de tiges mesurés par l’Inventaire forestier national, en appliquant des coefficients multiplicateurs afin de prendre en compte la proportion de branches et de racines, la densité du bois et le taux de carbone. La masse totale de carbone est de 860 Mt C pour 14,5 millions d’hectares de forêt. Ce stock est probablement encore sous-évalué en raison du manque de connaissances sur les masses de bois mort et d’arbustes non comptabilisés. Le stock de carbone des sols est calculé à partir du réseau systématique européen de suivi de l’état de santé des forêts. Il est de 1140 Mt C, soit 9 t C/ha de litière et 70 t C/ha entre 0 et 30cm de profondeur. Le stock total, sol et biomasse, des forêts françaises est donc de 2000Mt C. Dans un second temps, le flux global de carbone dû aux variations du stock dans la biomasse entre 1979 et 1991 est calculé de deux façons indépendantes (variation du stock total sur pied ou différence entre croissance et prélèvements annuels). On constate, dans les deux cas, un stockage net dans les forêts françaises de 10,5 Mt C/an entre ces deux dates, soit 10% de nos émissions annuelles de carbone fossile. Ce puits est lié à l’accroissement de la surface forestière, de la productivité des peuplements, au vieillissement de la forêt française alors que les niveaux de prélèvements de bois restent très modérés (61% de la croissance). Nous discutons enfin les options forestières permettant d’accroître cette fonction "puits" de la forêt : augmentation des surfaces forestières, utilisation d’essences à croissance rapide, vieillissement des peuplements, diminution du niveau des éclaircies et du travail du sol, mise en réserve intégrale... Lorsque l’on considère conjointement les pools de carbone de la forêt et des produits bois qui en sont issus, la durée de vie des produits bois devient un paramètre clef d’orientation des choix sylvicoles. Les écobilans qui permettraient d’asseoir ces choix sur des données fiables manquent encore. Les possibilités de stockage de bois dans la forêt ou les produits bois ne sont pas illimitées, et ne peuvent en aucun cas apporter une réponse définitive aux problèmes posés par les émissions de carbone fossile. Par contre, l’utilisation du bois en remplacement de matériaux à coût énergétique élevé, ou directement comme source d’énergie, amène à une baisse effective de la consommation d’énergies fossiles, et représente donc une solution plus efficace à long terme, qui, si elle était mise en oeuvre, réclamerait de la forêt une productivité accrue
Document type :
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https://hal.inrae.fr/hal-02699244
Contributor : Migration Prodinra Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Monday, June 1, 2020 - 12:39:32 PM
Last modification on : Friday, June 25, 2021 - 12:08:10 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02699244, version 1
  • PRODINRA : 12131

Citation

Jean-Luc Dupouey, Gérome Pignard, Vincent Badeau, Anne Thimonier, Jean-Francois Dhote, et al.. Stocks et flux de carbone dans les forêts françaises. Comptes Rendus de l'Académie d'Agriculture de France, Académie d'agriculture de France, 1999, 85 (6), pp.293-310. ⟨hal-02699244⟩

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