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Theses

La production des frontières urbaines : les mondes sociaux des « copropriétés fermées » à Buenos Aires

Abstract : Que signifie le fait qu’un quartier ou un immeuble soit « fermé » ? Que font les grilles, les murs, les dispositifs et les agents de sécurité aux espaces résidentiels et à la ville ? Cette thèse interroge la notion d’enclave résidentielle, telle qu’elle a été utilisée pour aborder les espaces résidentiels « fermés » issus de l’auto-ségrégation des classes supérieures. A la démarche macrosociologique et typologique suivie par la majorité des études qui approchent ces lieux en termes de dualité urbaine, cette thèse fait le pari d’un changement d’échelle. A partir d’une enquête ethnographique menée à Buenos Aires (Argentine), elle étudie les processus de création et de maintenance de frontières sociales et symboliques autour des torres et complejos (des « copropriétés fermées »), que ces processus réussissent ou non. Cette approche implique un double décalage par rapport aux études existantes. D’une part, nous avons été attentive aux désaccords, aux cas conflictuels, aux échecs : nous avons pris en compte non seulement des cas des « copropriétés fermées » qui paraissaient a priori répondre le mieux à la notion d’enclave, mais aussi des cas plus incertains. Ce faisant, il s’agissait de soulever le caractère dynamique du marquage des frontières à travers l’espace et de dévoiler les conflits autour de leur légitimation. D’autre part, en prenant en compte dans notre enquête les employés de ces « copropriétés fermées », nous avons mis en évidence les conditions qui rendent possible l’image enclavée et socialement homogène de certains de ces lieux. La « fermeture » n’est pas l’élimination de l’hétérogénéité sociale au moyen des mécanismes d’exclusion, mais bien plutôt sa dissimulation. Cette dissimulation se fait principalement à travers le travail des vigiles qui, plutôt qu’empêcher l’entrée de « criminels » de l’extérieur, ont pour fonction d’encadrer les employés qui entretiennent le luxe et assurent les loisirs des habitants. Les « copropriétés fermées » apparaissent comme le produit de mondes sociaux divers dont les frontières ne coïncident pas avec les grilles et les murs qui les entourent. Révéler leur présence dans ces espaces « fermés » et la manière dont ils s’articulent fait l’objet de cette thèse.
Document type :
Theses
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https://hal.inrae.fr/tel-02950158
Contributor : Eleonora Elguezabal <>
Submitted on : Sunday, September 27, 2020 - 1:03:41 PM
Last modification on : Friday, February 5, 2021 - 4:06:54 AM

Identifiers

  • HAL Id : tel-02950158, version 1

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Citation

Eleonora Elguezabal. La production des frontières urbaines : les mondes sociaux des « copropriétés fermées » à Buenos Aires. Sciences de l'Homme et Société. Ecole des hautes études en sciences sociales, 2011. Français. ⟨tel-02950158⟩

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