Ouvriers et employés aujourd’hui : une photo de classe sur le papier
Résumé
Pour saisir quelques-uns des principaux traits des classes populaires aujourd’hui, nous mobiliserons ici des données produites à partir des PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) [1]
Les indépendants étant souvent étudiés à part, il est usuel de se concentrer sur les salariés d’exécution – donc sur les « ouvriers » et les « employés » – pour étudier les composantes populaires de la population active. Les frontières entre ces deux catégories sont souvent, et de plus en plus, flottantes. Ce flottement se retrouve dans la nomenclature des PCS : suivant le statut de leur employeur, les salariés du nettoyage peuvent être classés « employés » (pour les salariés de particulier) ou « ouvriers » (pour les salariés d’une entreprise) ; les cuisiniers qualifiés sont classés « ouvriers », les cuisiniers non qualifiés sont classés « employés » ; les gondoliers, qui rangent les produits sur les rayons de grandes surfaces, sont classés « employés », tandis que ceux qui poussent les chariots sont « ouvriers », alors qu’il s’agit souvent de la même personne [2]. Ces exemples mettent en lumière le fait que ces catégories sont construites avec moins de finesse que celles de « professions intermédiaires » et de « cadres ».