A corps ouvert, de la plasticité végétale à l'espace plasticien - INRAE - Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement Access content directly
Journal Articles PLASTIR Year : 2021

A corps ouvert, de la plasticité végétale à l'espace plasticien

Abstract

The notion of plasticity applies largely to entities of a heterogeneous nature. The argument developed is that plants are both the most emblematic category, the most ostensibly exposed to our gaze, and the most problematic. This is because they are unconventional entities whose characteristic is to be proliferous. They are “open beings” that do not meet the definition of a topos by an immediate stationary limit. The plants in continuous development have neither inside nor outside and are thus “attached” to the space in which they are built, materializing little by little. The very status of the ordinary space, the lived space, thus needs to be rethought since it appears to be co-gestative, and not a simple container distinct from its content. The plasticity of plants cannot be kept separate from the topological properties and plastician activities of space, itself participating in the proliferous gesture. The local kinetic displacement of conventional entities with an immobile topological limit is mirrored by the morphic motion of plants whose limit constantly moves with, and not in, the plastic space. This reflection aims to account for the aesthetic experience to which the ontological openness of plants confronts us in an obvious way, and yet unthinkable because it escapes our conceptual categories shaped by topological standards. Through art, possible directions are proposed to simultaneously capture the plant and space as a perceptive and paradigmatic horizon, especially in the work of the painter Alexandre Hollan.
La notion de plasticité s’applique largement à des entités de nature hétérogène. L’argument développé est que les plantes en sont à la fois la catégorie la plus emblématique, la plus ostensiblement exposée à nos regards, et la plus problématique. Ceci tient au fait qu’elles sont des entités non conventionnelles dont la caractéristique est d’être prolifère. Ce sont des « êtres ouverts » qui ne satisfont pas la définition d’un topos par une limite immobile immédiate. Les plantes en continuel développement n’ont ni dedans ni dehors et sont ainsi « attachées » à l’espace dans lequel elles s’édifient en se matérialisant peu à peu. Le statut même de l’espace ordinaire, l’espace vécu, demande ainsi à être repensé puisqu’il apparaît comme étant co-gestatif, et non un simple contenant distinct de son contenu. La plasticité des plantes ne peut être tenue séparée des propriétés topologiques et des activités plasticiennes de l’espace, lui-même participant au geste prolifère. Au déplacement cinétique local des entités conventionnelles dotées d’un limite topologique immobile répond le mouvement morphique des plantes dont la limite se déplace constamment avec, et non dans, l’espace plasticien. Cette réflexion vise à rendre compte de l’expérience esthétique à laquelle l’ouverture ontologique des plantes nous expose de façon évidente, et cependant impensée car elle échappe à nos catégories conceptuelles façonnées par des normes topologiques. Par l’entremise de l’art, des directions possibles sont proposées pour saisir simultanément la plante et l’espace comme horizon perceptif et paradigmatique, en particulier dans l’œuvre du peintre Alexandre Hollan.
Fichier principal
Vignette du fichier
POUTEAU-Plastir-P61-2021.pdf (15.62 Mo) Télécharger le fichier
Origin : Explicit agreement for this submission

Dates and versions

hal-03282503 , version 1 (10-10-2023)

Identifiers

  • HAL Id : hal-03282503 , version 1

Cite

Sylvie Pouteau. A corps ouvert, de la plasticité végétale à l'espace plasticien. PLASTIR, 2021, 61, pp.33-52. ⟨hal-03282503⟩
95 View
10 Download

Share

Gmail Facebook X LinkedIn More