Quels services écosystémiques rendus par les CIVEs ? Résultats d'expérimentations et de simulations - INRAE - Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement Access content directly
Conference Papers Year : 2022

Quels services écosystémiques rendus par les CIVEs ? Résultats d'expérimentations et de simulations

Abstract

Les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVEs) se développent actuellement en France et en Europe pour alimenter les méthaniseurs. Celles-ci présentent a priori le double avantage de ne pas entrer en compétition avec les cultures alimentaires, car n’occupant pas le sol au même moment, et de fournir les services écosystémiques attendus pour une culture intermédiaire (e.g. la réduction de la lixiviation des nitrates, la réduction de l’érosion, …). Cependant, même si les questions agronomiques liées à leur gestion ont été abordées (projet Opticive piloté par Arvalis) et continuent d’être étudiées (projet RECITAL piloté par Arvalis), les questions relatives à leur impact environnemental ont été très peu explorées. Nous nous sommes penchés plus particulièrement sur les services écosystémiques liés à l’azote (réduction de la lixiviation des nitrates, réduction des émissions de protoxyde d’azote et d’ammoniac, recyclage de l’azote) et au carbone (stockage de carbone). Nous avons également étudié si les CIVEs ne pouvaient pas, quand même, entrer en compétition avec la production alimentaire en induisant un stress azoté ou hydrique sur les cultures principales suivantes pouvant aboutir à une perte de rendement. Une expérimentation en cours à Auzeville-Tolosane (31) depuis juillet 2020 a livré ses premiers résultats. Deux séquences de cultures étaient mises en place : une interculture courte suivie d’une orge d’hiver et une interculture longue suivie d’un tournesol. Une CIVE d’été (mélange sorgho-vesce) a été implantée sur l’interculture courte et une CIVE d’hiver (mélange seigle-féverole) sur l’interculture longue. Ces CIVEs ont été fertilisées par du digestat et exportées de la parcelle à la récolte. Elles ont été comparées à un même couvert non fertilisé et non exporté, à un couvert court de type CIPAN en interculture longue et à un sol laissé nu pendant toute la période de l’interculture. La production des cultures, la volatilisation d’ammoniac et les contenus hydrique et azotés du sol ont été régulièrement suivis. Cette expérimentation a ensuite été simulée avec le modèle de culture STICS afin d’atteindre des variables non mesurées sur le terrain (i.e. nitrate lixivié, protoxyde d’azote émis, carbone stocké, indices de stress des cultures). Parmi les résultats marquants de cette étude nous pouvons d’abord apporter une réponse à la question de la compétition avec les cultures alimentaires dans les conditions de notre essai. Lors de la récolte 2021, nous n’avons pas observé de baisse de rendement des cultures principales suivant les CIVEs. Ensuite, sur les services écosystémiques rendus par les CIVEs, nous avons bien observé une diminution de la lixiviation en interculture longue, même si moindre qu’avec une CIPAN, et une diminution des émissions de protoxyde d’azote par rapport à un sol nu. D’autres résultats sur les CIVEs d’été, sur l’impact de la fertilisation avec le digestat, sur l’impact de l’export des résidus aériens par rapport à un couvert laissé sur place, et sur le stockage de carbone seront également présentés.
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Dates and versions

hal-03937948 , version 1 (13-01-2023)

Identifiers

  • HAL Id : hal-03937948 , version 1

Cite

Camille Launay, Louise Hermet, Sabine Houot, Sylvain Frédéric, Julie Constantin. Quels services écosystémiques rendus par les CIVEs ? Résultats d'expérimentations et de simulations. JRI Biogaz et Méthanisation, Mar 2022, Lyon, France. ⟨hal-03937948⟩
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