Analyse fonctionnelle des vankyrines du polydnavirus HdIV
Résumé
Pour de nombreux endoparasitoïdes ichneumonides, le succès parasitaire dépend de leur association avec un polydnavirus symbiote. Les particules virales, produites exclusivement dans les ovaires, sont injectées dans la chenille du lépidoptère au moment de l’oviposition. L’expression des gènes viraux dans les tissus infectés induit des altérations importantes dans la croissance, le développement et la réponse immunitaire de l’hôte, ce qui permet le développement de la progéniture du parasitoïde. Les gènes vankyrines constituent une famille multigénique que l’on retrouve dans tous les génomes de polydnavirus séquençés jusqu’à présent. Ils codent pour des protéines homologues aux facteurs IkappaBs, inhibiteurs des facteurs de transcription Rel/NF-kB, dont le représentant le plus étudié chez les insectes est la protéine Cactus de Drosophila melanogaster. Les vankyrines possèdent un domaine ARD constitué de quatre répétitions de type ankyrines qui, chez les IkBs sont essentielles pour leur interaction avec les facteurs NF-kB. Mais contrairement aux IkB cellulaires, les vankyrines n'ont pas les domaines de régulation nécessaires à la dissociation du complexe NF-kB/IkB : elles formeraient donc un complexe irréversible avec les NF-kB, ce qui aurait pour conséquence d’empêcher les NF-kB de se fixer sur leurs sites kB et donc empêcherait l’expression de gènes impliqués dans la réponse immunitaire et/ou le développement de l’hôte parasité. Nous avons identifié neuf gènes vankyrines dans le génome du polydnavirus HdIV, présent chez Hyposoter didymator [Hyménoptère : Ichneumonidae], un endoparasitoïde larvaire de certaines noctuelles, appartenant notamment au genre Spodoptera spp. L’analyse spatio-temporelle des vankyrines de HdIV a mis en évidence l’expression largement prédominante de la vankyrine Hd27-vank1 au cours du parasitisme des larves de S. frugiperda par H. didymator. Pour tenter de comprendre le rôle de Hd27-vank1, nous avons produit un baculovirus recombinant exprimant la protéine virale. Nous avons alors mesuré les effets de l’expression de la protéine virale sur la viabilité des larves de S. frugiperda et des cellules Sf9 infectées avec le baculovirus recombinant. Nous présenterons les résultats obtenus au cours de ce congrès.
