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Thèse

La privatisation du conseil agricole en question. Evolutions institutionnelles et performances des services de conseil dans trois pays européens (Allemagne, France, Pays-Bas)

Résumé : L’objet de ce travail de recherche est d’analyser les conséquences du mouvement de privatisation des dispositifs de conseil technique agricole à partir de l’analyse des situations néerlandaise, allemande (nouveaux Länder), et française. Ce mouvement ne répond pas seulement à des arguments budgétaires visant la réduction du soutien au secteur agricole. Il résulte aussi de l’idée que la facturation des services aux agriculteurs peut accroître leur efficacité. Cependant, cette vision est controversée, notamment parce qu’elle ne tient pas compte des conséquences négatives de la privatisation pour des types d’agriculteurs par ailleurs prioritaires pour certains objectifs de politiques agricoles et rurales. En Europe, ces politiques sont en effet depuis le début des années 1990 caractérisées par une pluralité d’objectifs : production primaire, sécurité sanitaire, protection de l’environnement, cohésion sociale, etc., qui sont autant d’enjeux pour l’évaluation des dispositifs de conseil agricole. En effet, pour les exploitations agricoles, le problème se pose des modalités techniques d’intégration d’objectifs contradictoires (par exemple : la protection de l’environnement et la productivité), dont certains peuvent conditionner leur accès aux marchés (tels que les normes réglementaires de sécurité sanitaire). Il existe ainsi des attentes et des enjeux nouveaux vis-à-vis du conseil. Dans le même temps, la privatisation a transformé en profondeur les dispositifs de conseil. Il est donc nécessaire d’analyser la dynamique de ces dispositifs dans leurs dimensions organisationnelles et institutionnelles pour évaluer les conséquences de la privatisation sur de nouveaux objectifs des politiques agricoles. Pour cela, j’ai construit un cadre théorique et méthodologique ad-hoc. Le conseil est représenté comme une relation de service permettant la coproduction de connaissances. A partir de là, il est possible non seulement de rendre compte des spécificités des échanges entre conseillers et agriculteurs, mais également de bâtir une analyse des dispositifs de conseil à l’échelle du secteur agricole, en combinant des acquis des théories régulationniste et évolutionniste pour analyser la cohérence des transformations institutionnelles et organisationnelles des dispositifs de conseil technique vis-à-vis de l’évolution des politiques agricoles et rurales. Dans un premier temps, une analyse historique et comparative a été réalisée sur la base d’un travail empirique dans les trois pays. Les résultats de cette l’analyse montrent que la privatisation est source de contradictions nouvelles pour les politiques de développement agricole et rural. D’une part, elle pourrait exclure de l’accès à des connaissances stratégiques certains groupes d’exploitations pourtant porteurs d’enjeux de développement rural (par exemple : les exploitations agricoles à temps partiel). D’autre part, le désengagement de l’Etat s’est traduit par une déconstruction de dispositifs collectifs d’accumulation de connaissances partagées par une diversité d’acteurs (prestataires de conseil, instituts de recherche, laboratoires de recherche, agriculteurs, etc.). Ce constat a été confirmé par l’analyse de l’activité de conseil de trois types de prestataires privés de conseil technique pour la production de céréales dans trois régions : l’Ain (France), la Zélande (Pays- Bas), et le Brandebourg (Allemagne). Grâce à la construction d’une grille d’analyse de la performance interne du conseil technique agricole (GAPICTA), trois logiques de conseil ont pu être identifiées : une logique « servicielle » pour laquelle l’individualisation et la personnalisation des prestations guident l’élaboration de la performance de cabinets de consulting ; une logique « industrielle », portée par des sociétés fondées sur l’utilisation intensive de logiciels de modélisation agronomique ; et enfin une logique « de segmentation » des relations de service au sein des coopératives agricoles. Cette analyse permet ainsi de mieux comprendre l’organisation et la performance interne de prestataires privés de conseil. Elle montre aussi que ceux-ci investissent de moins en moins dans l’accumulation et la validation de références techniques par des activités de R&D. Ceci confirme que les recompositions actuelles tendent à affaiblir la contribution institutionnelle et organisationnelle du conseil à la construction collective de bases de connaissances nécessaires pour élaborer des solutions techniques permettant d’intégrer la diversité des objectifs attachés à l’agriculture par les politiques rurales
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Soumis le : samedi 6 juin 2020 - 16:36:16
Dernière modification le : lundi 17 août 2020 - 15:30:06

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Pierre Labarthe. La privatisation du conseil agricole en question. Evolutions institutionnelles et performances des services de conseil dans trois pays européens (Allemagne, France, Pays-Bas). Sciences du Vivant [q-bio]. Université Paris Est Créteil Val de Marne (Paris 12), 2006. Français. ⟨tel-02819175⟩

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