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Induction d’une stéatose hépatique spontanée chez l’oie grise (Anser anser) - Rôle de l’hyperphagie provoquée

Résumé : L’acceptabilité de la pratique de gavage est fortement questionnée sur le plan de la protection des animaux, au point que la recommandation du 22 juin 1999 émanant du Comité Permanent de la convention européenne sur la protection des animaux d’élevage stipule que : « Les pays autorisant la production de foie gras doivent encourager les études portant sur les aspects de bien-être et la recherche de méthodes alternatives n'impliquant pas la prise forcée d'aliments ». C’est dans ce contexte que le Département Phase a initié en 2009 un programme de recherche sur l’engraissement hépatique spontané chez les palmipèdes. Les premiers travaux se sont appuyés sur l’hypothèse du rôle de l’origine migratrice des palmipèdes qui sont capables d’exprimer un comportement hyperphagique en période pré-migratoire pour accumuler les réserves énergétiques nécessaires au vol sous forme de lipides. Cet engraissement peut être simulé expérimentalement chez certaines espèces aviaires migratrices par une réduction de la durée du jour associée à des alternances de restriction/libération alimentaire (Odum, 1960). C’est cette hypothèse que nous avons testée chez l’oie dans une première expérience qui a fait l’objet d’un Fait Marquant 2012 et d’une publication (Guy et al., 2013). Les oies ont été élevées avec un programme de restriction alimentaire qui assure une croissance normale, mais limite leur engraissement précoce. Elles sont hébergées en groupe au sol dans des cellules obscures qui permettent de maitriser la stimulation lumineuse. Une ingestion maitrisée entre 5 et 19 semaines d’âge (aliment complet granulé) est suivie d’un relâchement alimentaire (maïs grain) à l’âge de 19 semaines. Deux semaines après le début du relâchement, la durée du jour est progressivement réduite de 10 à 7 h. Nous avons suivi la cinétique d’engraissement hépatique de la 19ème à la 31ème semaine d’âge. Les résultats montrent un engraissement progressif des foies mais avec une très grande variabilité interindividuelle (CV de 45 à 70% pour le poids de foie). Le dernier stade d’abattage à 31 semaines (12 semaines de stimulation alimentaire) permet d’obtenir les foies les plus lourds (514 g) et le CV le plus faible (45%) pour un taux de lipide de 50%, contre 6% avant la stimulation alimentaire. Par comparaison, dans le cadre d’un gavage contemporain en condition expérimentale, le poids de foie moyen est de 1102 g avec un CV de 18,8 %. Nous avons conduit une deuxième série de travaux pour vérifier si la performance moyenne et l’homogénéité de la réponse pouvaient être respectivement augmentée et réduite par un allongement de la période de consommation de maïs. D’autre part, dans ce second essai, nous avons, de façon contemporaine, conduit des animaux en cage individuelle selon le même protocole que celui appliqué aux oies en groupes pour évaluer la relation entre les dynamiques d’ingestion et de stéatose hépatique. Figure 1 – Evolution du poids de foie chez les oies élevées en groupe ou en cage individuelle. Le comportement hyperphagique exprimé au cours de la première semaine de stimulation était nettement plus prononcé chez les oies élevées en groupe (3688 ± 163 g de maïs vs 2630 ± 81 g pour les oies en cage individuelle), soulignant le rôle des interactions entre individus sur le comportement alimentaire. Sur l’ensemble de la période de stimulation, la consommation totale était inférieure de 13 % chez les animaux élevés en cage individuelle (32,2 kg/oie vs 39,6 pour lesoies an parc collectif). En conséquence, le poids de foie engraissé était plus élevé chez les animaux élevés en groupe que chez ceux élevés en cages individuelles (figure 1). Les résultats montrent également des corrélations modérées à fortes (0,4 < r < 0,8), selon le stade d’abattage, entre le poids de foie et la consommation cumulée de maïs, tout en soulignant le rôle prépondérant de la consommation précoce (les 3 premières semaines) sur le déclenchement de la stéatose hépatique spontanée. Par rapport à la première expérimentation, l’allongement de la période de consommation de maïs au delà de la 31ème semaine d’âge n’a pas permis d’améliorer la performance moyenne de poids de foie. En revanche, des premiers cas de mortalité, dont l’étiologie reste indéterminée, sont apparus après la 32ème semaine. Cette deuxième série d’expériences permet de mettre en évidence le rôle prépondérant de la consommation précoce (hyperphagie provoquée) dans le déclenchement de la stéatose hépatique. Les efforts doivent donc désormais s’attacher à la stimulation optimale de cette hyperphagie tout en réduisant la variabilité du comportement d’ingestion. L’optimisation de la conduite des animaux, les caractéristiques de la stimulation lumineuse, restent donc des pistes de travail privilégiées pour progresser sur le niveau de stéatose hépatique. La sélection génétique sur le comportement alimentaire entendu dans l’ensemble de ses dimensions (capacité d’ingestion spontanée ou en réponse à une restriction alimentaire, sensibilité aux effets d’entrainement dans le groupe, …) est également une voie prometteuse à explorer.
Type de document :
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Liste complète des métadonnées

https://hal.inrae.fr/hal-02810549
Déposant : Migration Prodinra <>
Soumis le : samedi 6 juin 2020 - 08:35:15
Dernière modification le : mercredi 16 septembre 2020 - 10:20:10

Identifiants

  • HAL Id : hal-02810549, version 1
  • PRODINRA : 279396

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Xavier Fernandez, Gerard Guy, Laurence Lamothe. Induction d’une stéatose hépatique spontanée chez l’oie grise (Anser anser) - Rôle de l’hyperphagie provoquée. 5. Journées d'Animation Scientifique du département Phase (JAS Phase 2013), Oct 2013, Paris, France. 2013. ⟨hal-02810549⟩

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