Ingestion de végétaux et de terre par le poulet de chair ayant accès à un parcours
Résumé
L’élevage de volailles en plein air se développe en réponse à une forte demande sociétale. Cependant, ces systèmes peuvent représenter un risque pour la sécurité sanitaire des denrées alimentaires produites par ces animaux, lié à l’ingestion de matrices environnementales (végétaux et terre). Dans le cadre du projet AlterAviBio, l’ingestion de végétaux et de sol a été quantifiée sur différents parcours de la plate-forme AlterAvi au Magneraud. L’ingestion quotidienne de végétaux varie de 0,2 à 15 g et celle de sol est en général inférieure à 2% de la matière sèche totale ingérée. La saison et les conditions météorologiques, en lien avec l’état du couvert végétal et le comportement des animaux peuvent expliquer ces variations. Nous avons validé et complété les résultats précédemment obtenus sur les quantités de matrice ingérées et les facteurs de variations. Ainsi, 4 souches avec des vitesses de croissance différentes ont été élevées sur 4 parcours arborés jusqu’à 56, 70, 84 et 100j. La consommation en aliment, plantes et terre a été évaluée à différents âges (47, 54, 68, 76 et 96j). Nous avons montré que les volailles sur le parcours ingèrent aux alentours de 5g de matière sèche de végétaux. Même si l’ordre de grandeur est similaire aux résultats obtenus lors du projet AlterAviBio, les ingestions semblent moins varier et il y a absence d’ingestions très élevée (>10g de matière sèche de végétaux). Les facteurs bande (hiver versus été), souche et âge ne semblent pas affecter significativement l’ingestion de plantes sur ces parcours sous les arbres. Une analyse approfondie devrait permettre d’affiner ces premiers résultats. La proportion de terre ingérée reste également plus faible que celle observée lors du projet AlterAviBio sur les parcours du même type. Aucun parcours n’atteint 2% de terre dans la matière sèche ingérée et les proportions s’échelonnent en général aux alentours de 1%. Malgré ces quantités modestes, les effets principaux sont confirmés avec une ingestion supérieure pour la bande hivernale en comparaison à la bande estivale. L’âge des animaux affecte significativement la proportion de terre ingérée : les plus faibles proportions sont enregistrées à 47 jours, un âge où les oiseaux explorent encore peu. Ensuite l’ingestion de terre a tendance à augmenter pour toutes les souches avec une légère diminution à la fin de l’élevage. Cependant, la faible ampleur des variations fait que ces différences n’ont pas de signification ni statistique ni biologique. La quantité de terre ingérée comme résultante entre l’ingestion de l’aliment et la proportion de terre dans l’ingéré suit la même logique : quantités moins variables qu’en AlterAviBio qui plafonnent à 2g par jour, mais s’articulent en général aux alentours d’1g par poulet et jour. Il y a une tendance à l’augmentation dans le temps pour chaque souche mais à une vitesse différente entre les souches: faibles ingestions pour les oiseaux jeunes (à 47 jours d’âge) et les ingestions les plus élevées en fin d’élevage (âge différent en fonction de la souche). Ces chiffres confirment qu’un élevage de poulets en plein air sur des sols agricoles en absence d’un dépôt accidentel de polluants environnementaux et dans des conditions maîtrisés (durée d’élevage adapté à la souche, alimentation équilibrée) n’entraine qu’une ingestion modeste de terre et limite ainsi considérablement le risque de contamination de leurs produits.
