Silvoclimate decision-support systems into French forest public policies: how to guide action in forests in the face of climatic change?
Les outils sylvo-climatiques dans les politiques publiques forestières : comment orienter l'action en forêt face au changement climatique ?
Résumé
Climate change has been introducing new threats to forests. While dieback has long been observed, it is now increasing due to rising temperatures and more intense extreme weather events. In this context, the adaptation of forests to climate change is necessary to preserve the various ecosystem services they provide, including carbon sequestration, biodiversity, and social and recreational functions. Since the middle of the 2010s, forests have been increasingly taken into account in public policies, with forest renewal emerging as a significant lever for the adaptation of forests to climate change. When it comes to managing declining or vulnerable forest stands, the use of silvoclimate decision support systems (DSSs) is progressively becoming indispensable so as to rationalize forest management decisions. From 2020 onwards, these tools have begun to move beyond the exclusive domain of research and development, as they have been explicitly incorporated into several public policies (in particular, funding for forest renewal and the low-carbon label). However, their diffusion is leading to new challenges. These tools involve several actors with diverse professional cultures and differing mechanisms of appropriation. They are also part of a wider transformation in the forest decision-making process, characterized by a shift from expert judgment to objectivizing instrumentation. However, this shift raises questions about the acceptability of these tools, which in turn comes with criticisms. Thus, the question of their governance becomes central: a coherent, shared approach is required to ensure the relevant and effective implementation of DSSs. This report develops several prospective scenarios regarding the future of these tools and concludes with operational recommendations for the CNPF-IDF to support their more efficient integration into French forest public policies.
Le changement climatique engendre de nouvelles menaces pour les écosystèmes forestiers. Si le dépérissement est un phénomène connu depuis longtemps, il tend à s’amplifier sous l’effet de l’augmentation des températures et de l’intensification des événements météorologiques extrêmes. Dans ce contexte, adapter les forêts apparaît donc comme une nécessité pour préserver les différents services écosystémiques que celles-ci fournissent, tels que le puits de carbone, la biodiversité ou encore les fonctions sociales et récréatives. À partir du milieu des années 2010, on assiste à une prise en compte croissante de la forêt dans les politiques publiques, le renouvellement forestier étant un levier important pour l’adaptation des forêts au changement climatique. Mais lorsqu’il s’agit d’intervenir sur des peuplements dépérissants ou vulnérables, le recours à des outils d’aide à la décision (OAD) sylvo-climatiques devient progressivement indispensable afin de rationaliser les choix de gestion en forêt. Dès 2020, ces outils quittent le seul champ de la R&D puisqu’ils sont désormais explicitement mobilisés dans plusieurs politiques publiques (en particulier, aides au renouvellement des peuplements et label bas-carbone). Cependant, leur diffusion ne va pas sans générer de nouveaux questionnements. En effet, ces outils impliquent plusieurs acteurs aux cultures professionnelles variées et aux mécanismes d’appropriation différents. Ils participent également à une transformation plus large du processus décisionnel en forêt, qui se caractérise par un recul du « dire d’expert » au profit d’une instrumentation objectivante. Cela interroge aussi leur acceptabilité, qui ne vient pas sans critiques. La question de leur gouvernance devient dès lors centrale : un pilotage cohérent et partagé est nécessaire pour assurer un déploiement pertinent et efficace des OAD. Enfin, ce rapport explore plusieurs scénarios prospectifs relatifs à leur développement et formule, en conclusion, des recommandations opérationnelles à l’intention du CNPF-IDF afin de favoriser leur meilleure articulation avec les politiques publiques forestières françaises.
