Impact du traitement au paracétamol sur le bien-être et la physiopathologie des souris infectées par Toxoplasma gondii
Résumé
Depuis quelques années, le bien-être animal a pris une place importante dans la société et notamment dans la recherche scientifique. Il est devenu nécessaire de raffiner au maximum les procédures expérimentales en infectiologie comme dans notre modèle de référence, la toxoplasmose, en accord avec la règle des 3Rs et les différentes préoccupations éthiques existant depuis 1959. Ainsi, la mise en place d’un traitement utilisant des analgésiques, comme par exemple le paracétamol, permettrait de soulager les animaux infectés au cours de ce processus infectieux, du à Toxoplasma gondii. Cependant, l’utilisation de cet analgésique ne doit en aucun cas modifier la physiopathologie de l’infection et la réponse immunitaire de l’hôte, afin de ne pas interférer avec l’étude scientifique initiale. Actuellement, peu de données sont disponibles sur l’utilisation du paracétamol dans un modèle infectieux expérimental. Dans le présent travail, nous avons étudié son impact dans le modèle murin CBA/J de toxoplasmose. Pour ce faire, des paramètres zoonotiques, télémétriques, comportementaux, histologiques (lésions et distribution tissulaires) et immunitaires (recrutements cellulaires et cytokines d’intérêt (IL-6, IFN et IL-12) ont été analysés afin de mieux caractériser les conséquences d’un traitement au paracétamol à une dose de référence validée de 30 mg / kg/ j sur 5 jours consécutifs. Le paracétamol administré par gavage (30 mg / kg / jour) semble améliorer le bien-être des souris en phase aiguë de la toxoplasmose, en particulier sur la réduction des signes cliniques, la perte de poids et du maintien d’un comportement normal. . La physiopathologie de l’enkystement du parasite dans le cerveau ainsi que les réponses immunitaires induites par T. gondii ne sont pas impactées. Ces premiers résultats chez la souris sont prometteurs et valident notre hypothèse initiale que le paracétamol semble être un outil pharmacologique permettant d’améliorer le bien-être animal. Sous traitement paracétamolé, la combinaison de marqueurs cliniques, comportementaux, parasitaires et immunitaires a contribué à définir le bien-être animal chez la souris, en vue de la transposer à l’espèce cible de la toxoplasmose, le mouton. A long terme, l’utilisation du paracétamol pourrait être étendue à d’autres modèles infectieux expérimentaux afin de répondre aux attentes éthiques et réglementaires.
