Communication Dans Un Congrès Année : 2024

Effet d’un sevrage tardif sur les réponses comportementales et physiologiques des porcelets au sevrage

Résumé

En élevage conventionnel, le sevrage, qui marque le passage d’une alimentation lactée à un aliment solide, est généralement réalisé à 21 ou 28 jours d’âge et est associé à une séparation brutale de la mère, un changement d’environnement et un mélange avec des animaux issus d’autres portées. Ce challenge précoce et brutal contraste avec ce qui est observé en conditions de semi-liberté où la transition est progressive avec un arrêt complet de l’ingestion lactée entre 84 et 119 jours d’âge. Plusieurs études ont montré des effets délétères de sevrages très précoces (< 21 jours) sur la santé et le bien-être des porcelets, avec l’apparition de troubles digestifs et comportementaux majeurs. Au contraire, peu d’études se sont focalisées sur les effets de sevrages tardifs alors que cette pratique se développe, notamment en élevage biologique où le cahier des charges impose un sevrage ultérieur à 40 jours de lactation. L’un des objectifs du projet PigLate était d’évaluer l’impact du sevrage tardif sur le comportement et le bien-être des porcelets. Pour ce faire, les porcelets de 10 truies suivies sur leurs 2ème et 3ème mises-bas ont été sevrés à 49 (S49) ou à 21 jours (S21) d’âge, avec des durées de lactation différentes appliquées aux 2 mises-bas. Au sevrage, les porcelets ont été répartis dans des loges de 6 porcelets issus de 3 portées différentes. Les porcelets ont été pesés à 21, 35, 42, 49, 63 et 70 jours, le cortisol salivaire a été dosé la veille et le lendemain du sevrage, et le comportement a été observé au cours des 2 jours post-sevrage. Dès 35 jours, les porcelets S49 avaient une croissance accrue par rapport aux porcelets S21 (p < 0,01), qui présentaient par ailleurs une anorexie transitoire dans les 24h post-sevrage. Le lendemain du sevrage, les porcelets S49 avaient un taux de cortisol plus faible que les S21, mais cette différence était déjà présente la veille de sevrage (p < 0,001). Les analyses comportementales sur les porcelets issus de la 2ème mise-bas (n = 4 loges/traitement) montrent que, le jour du sevrage, les porcelets S49 passaient plus de temps à l’auge (p = 0,009) et s’engageaient dans moins de combats (p = 0,03) que les porcelets S21. Sur les 2 jours post-sevrage, les porcelets S49 étaient moins actifs (p = 0,07), exploraient moins leur environnement (p = 0,004), réalisaient moins de flairages sociaux (p < 0,001) et de monte (p = 0,01), et pratiquement pas de massage de ventre des congénères (p < 0,001), comparés aux porcelets S21. Enfin, seuls les porcelets S21 ont montré une augmentation des comportements stéréotypiques de manipulation orale des congénères (p = 0,002) et des agressions unilatérales (p = 0,01) le lendemain du sevrage. Ces données préliminaires suggèrent un effet bénéfique d’un sevrage tardif sur la croissance et le bien-être des porcelets, avec une réduction des comportements sociaux délétères. Ces premiers résultats seront complétés prochainement par des analyses de santé digestive et systémique.

Fichier non déposé

Dates et versions

hal-04780722 , version 1 (13-11-2024)

Identifiants

  • HAL Id : hal-04780722 , version 1

Citer

Caroline Clouard, Emma Rutkowski, Stéphane Ferchaud, Patrick Manceau, Yoann Bailly, et al.. Effet d’un sevrage tardif sur les réponses comportementales et physiologiques des porcelets au sevrage. Séminaire du métaprogramme SANBA, Métaprogramme SANBA, INRAE, Oct 2024, Paris, France. ⟨hal-04780722⟩
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