Atelier 2 : les systèmes avec travail du sol, leurs performances agronomiques, économiques et environnementales, nos apprentissages et les pistes d’adaptation
Résumé
Deux systèmes de culture avec travail du sol sont testés sur CA-SYS : - TS1 : système sans pesticides en rotation diversifiée avec labour occasionnel et fertilisation azotée minérale - TS2 : système sans pesticides en rotation diversifiée avec labour occasionnel et sans fertilisation azotée minérale Leurs successions culturales de 12 ans sont très diversifiées, en terme de cultures et de couverts d’interculture, pour alterner les périodes de dates de semis et les familles botaniques afin d’éviter la spécialisation de la flore adventice et réduire les inoculum maladies. En TS2, la succession est bien plus riche en légumineuses, cultivées en pur, en association ou en plantes de services (compagne ou couvert), pour palier à l’absence de fertilisation azotée minérale. La stratégie de gestion des adventices repose sur un labour peu fréquent (1 tous les 3 ans), du travail du sol en interculture profond ou superficiel, des faux semis, du désherbage mécanique, et de l’écimage ainsi que sur le choix de cultures ou variétés couvrantes. Pour éviter ou atténuer les effets des bioagresseurs, nous jouons sur les dates et densité de semis, les choix variétaux, le recours à des plantes de services en culture ou en interculture et en TS1 uniquement, le raisonnement de la fertilisation azotée au plus près des besoins des cultures sans viser le potentiel de rendement maximum. Le recours à l’irrigation est autorisé, principalement pour favoriser une bonne implantation des cultures d’été et assurer leur pouvoir concurrentiel vis-à-vis des adventices. Au cours des 5 années sur CA-SYS, nous avons observé sur les deux systèmes que : - Les crucifères (colza et moutarde) sont des cultures très compliquées à conduire sans pesticides et d’autant plus lorsque les conditions sont sèches en début de cycle. Lorsque les cultures sont maintenues jusqu’à la récolte les rendements sont très faibles. - La réussite des cultures d’été (soja, tournesol, sorgho, maïs, etc.) dépend de la possibilité d’irriguer, parfois contrainte par les arrêtés préfectoraux - Les céréales d’hiver (blé, orge) sont des cultures robustes et résilientes et parmi les plus productives - Les légumineuses à graines se comportent bien, même si elles peuvent subir ponctuellement des pertes importantes de productivité dues à des problèmes de maladies fongiques. - Les cultures associées céréales-légumineuses (blé/pois, blé/féverole) se comportent bien. - La gestion des adventices est maitrisée dans ces systèmes à l’exception des populations de chardons qui progressent récemment, ce qui nous a conduit à repenser la gestion de l’interculture. Les rendements réalisés dans les systèmes TS2 sont proches de ceux des agriculteurs en agriculture biologique dans la même région, alors même que les cultures ne sont pas fertilisées sur CA-SYS (pas même avec des engrais organiques). En moyenne, sur les 5 ans, nous obtenons 32 q/ha en blé tendre d’hiver (n=9 ), 7 q/ha en colza (n=4 ; les colzas sont non récoltés 2 ans sur 5), 19 q/ha en féverole (n=5) et 18 q/ha en soja (n=9). Les rendements réalisés dans les systèmes TS1, sur des cultures conduites sans pesticides mais avec fertilisation azotée minérale (sauf sur les légumineuses et associations) sont presque doublés par rapport à TS2, à l’exception des crucifères. Les rendements sont néanmoins 15% inférieur aux rendements en agriculture conventionnelle de la région. En moyenne, sur les 5 ans, nous obtenons 64 q/ha en blé tendre d’hiver (n=14), 5 q/ha en colza (n=5 ; les colzas sont non récoltés 2 ans sur 5), 22 q/ha en féverole (n=5) et 20 q/ha en soja (n=9). Quand bien même les niveaux de productivité sont acceptables, la qualité pour une valorisation en alimentation humaine n’est pas toujours satisfaisante (déclassement des sojas 2 ans /5) ; quelques parcelles avec des défauts de teneur en protéines en céréales, notamment en TS2, et une augmentation du taux d’impuretés pour toutes les récoltes. Les baisses de productivité des systèmes ne sont pas compensées par des baisses de charges. Le poste semences et les charges de mécanisation restent élevés. Ainsi la marge semi-nette des systèmes n’est pas encore satisfaisante, d’autant plus que les productions sont vendues au prix du conventionnel. Les baisses de productivité induisent des efficiences énergétiques peu satisfaisantes pour les 2 systèmes. Les consommations énergétiques en carburant, et les engrais en TS1, sont trop importantes au regard des rendements obtenus. La balance azotée, excédentaire sur le système TS1 (36 kg N/ha) et déficitaire en TS2 (- 21kg N/ha), questionne la gestion de la fertilité azotée dans ces systèmes. Fort de ces premiers enseignements, nous entamons un travail d’adaptation de ces systèmes : choix des cultures et de leur succession dans le temps, gestion de l’interculture avec priorisation du travail du sol ou des couverts d’interculture et de leur composition selon les situations, gestion de la fertilisation azotée minérale en TS1 et meilleure maitrise des bioagresseurs en culture de légumineuses, en TS2 notamment.
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